« Créer d’autres fonds pour concrétiser nos idées »

Romain Burnand, Président, et Andrzej Kawalec, Directeur Général de Moneta Asset Management, affirment l’indépendance du spécialiste des valeurs moyennes

Extraits de l'article L' AGEFI HEBDO du 07/10/2021

L'AGEFI Hebdo : Pourquoi avoir lancé cet été le fonds Moneta Micro Entreprises (MME) 2026, alors que Moneta s’en tenait à trois fonds depuis quinze ans ?

Romain Burnand - Le lancement de MME 2026 illustre bien la nouvelle impulsion donnée à notre société. Nous étions focalisés, ces quinze dernières années, sur la gestion de nos trois fonds historiques, MME, Moneta Multi Caps (MMC) et Moneta Long Short (MLS), et de fait, tous les trois ont des performances excellentes et se classent dans le premier quartile de leur catégorie, ce qui est très rare dans l’univers des sociétés de gestion qui ont parfois un fonds vedette, mis en avant, et l’essentiel de la gamme moins désirable.

Pour la création du nouveau fonds, nous sommes partis du constat que le marché des petites valeurs connaît régulièrement des crises de liquidité et donc des reflux parfois très importants des cours (comme en 2008, 2011, 2018-2019, puis mars 2020). Ces moments de détresse peuvent se révéler des fenêtres d’opportunités si on peut être une main solide capable de constituer des positions importantes à ces périodes et les tenir pour attendre l’embellie. Notre fonds MME, créé en 2003 et qui a fait x17 en 18 ans – une performance sans égale – est malheureusement fermé depuis 2009, pour pouvoir garder sa réactivité sur un marché des petites valeurs où la liquidité est limitée. D’où l’idée de créer un nouveau fonds susceptible d’être très largement investi sur les petites valeurs dans les périodes opportunes pour répondre à la demande des investisseurs, tout en prévoyant un véhicule qui sera fermé pendant cinq ans, et donc jusqu’en 2026, ce qui est tout à fait atypique. Ce fonds aura vocation à investir dans des valeurs qui connaissent des épisodes de désaffection de la part des investisseurs. Souvent, à ces moments-là précisément, des dirigeants, seuls ou accompagnés de fonds de private equity, sont tentés d’en profiter en rachetant des titres à bas prix, voire en forçant une sortie de la cote.

 

Cette innovation est-elle liée à votre nouvelle organisation ?

Andrzej Kawalec - Notre structure évolue. Depuis décembre dernier où Patrice Courty, directeur général pendant seize ans, a quitté Moneta AM, j’ai été nommé directeur général. Je supervise les fonctions centrales de la société, dans l’idée qu’il nous faut atteindre l’excellence dans les domaines informatique, commercial, administratif et réglementaire pour accompagner notre développement. Depuis environ deux ans déjà, nous avons entrepris de renforcer nos fonctions de support, internalisant certaines d’entre elles comme le contrôle et la conformité, grâce à la montée en compétence de nos équipes où le turnover est historiquement très bas. Cette année, nous avons créé un comité exécutif de huit personnes, alors qu’avant, la gouvernance était plus informelle.

Dans le secteur de la gestion où la concentration progresse, il nous semble qu’une société indépendante telle que Moneta AM se différencie et peut prendre plus de place. Par ailleurs, je garde mon rôle d’analyste-gérant et pour gérer le fonds Moneta Long Short, Grégoire Uettwiller a pris le relais de Patrice Courty.

 

Quelles sont les particularités de MME 2026 ?

Andrzej Kawalec - La nouvelle organisation aura facilité la structuration de MME 2026, conçue au fil d’échanges nombreux avec l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le fonds ne rentre pas dans le cadre Ucits classique mais obéit à la réglementation AIFM des fonds alternatifs, le véhicule revêtant la forme d’un "fonds professionnel spécialisé" (FPS) : le contrat avec les souscripteurs est adapté en fonction de la stratégie suivie. Nous avons prévu des portes de sortie tous les cinq ans. En outre, nous allons organiser un marché secondaire pour créer un mécanisme de liquidité sans décote, une autre innovation. Nous serons aidés en cela par la connaissance des porteurs car, autre particularité, le régime de détention des parts est celui du nominatif administré. Le fonds a collecté 240 millions d’euros au printemps dernier, auprès de 600 investisseurs, souvent des particuliers et des entrepreneurs qui connaissent Moneta. Une première transaction sans décote a eu lieu récemment. C’est une grande différence par rapport aux fonds de private equity pour lesquels souvent le marché secondaire est un coupe-gorge avec une liquidité qui se fait avec des décotes significatives et pénalisantes.

 

Est-ce le prélude à d’autres développements ?

Romain Burnand - Notre structure nous permet désormais de créer d’autres fonds pour mettre nos idées innovantes en pratique. En attendant, le contexte nous paraît très bon pour les petites et moyennes entreprises qui affichent de bons résultats et disposent de financements en abondance, outre une forte demande pour leurs produits ou services. La détresse climatique est source d’accélération des investissements pour la transformation de l’économie et multiplie les opportunités de notre point de vue. La notation ESG qu’il nous faut faire pour les entreprises en portefeuille approfondit la connaissance que nous avons d’elles.

 

Le marché des small caps et midcaps est-il plus difficile depuis MIF 2 ?

Romain Burnand - La protection des investisseurs et la transparence ont progressé grâce à cette réglementation, et le dégroupage entre recherche et exécution ayant conduit à une concentration des flux chez un nombre réduit de courtiers, la liquidité reste satisfaisante sur les small et midcaps. Nous avons un atout important chez Moneta avec notre table de négociation internalisée très proche de nos gérants. Nous sommes reliés à une soixantaine de plateformes de marché. Mais l’impact de MIF 2 sur la recherche des petites et moyennes entreprises est négatif, elles sont clairement moins bien suivies. Pour survivre et monétiser leurs départements de recherche en mal de revenus, beaucoup d’intermédiaires de taille moyenne ont misé sur le développement de la recherche sponsorisée – c’est-à-dire payante par l’émetteur – avec des conflits d’intérêts potentiels. En effet, si l’émetteur paie les analystes, les notes au pire deviennent du publi-rédactionnel et, souvent, sont insipides. Les grandes banques, elles, proposent des prix agressifs sur la recherche et rétablissent leur rentabilité via les placements de titres ou des introductions en Bourse. Elles sont souvent basées sur des plans d’affaires trop optimistes et proposées à des prix trop élevés. Ces biais s’expliquent en large partie par les commissions excessives prélevées au passage par les banques, commissions payées par les sociétés, et donc par leurs actionnaires.

Encadrement de la recherche sponsorisée, aujourd’hui souvent victime de pressions diverses des émetteurs, et limitation des commissions faramineuses pour le primaire – nous proposons des commissions différées sur trois ans et payées en fonction de l’évolution du cours de Bourse de la société introduite –, voilà deux sujets d’urgence pour le régulateur.

 

Quelle est votre lecture du jugement en appel remporté par Altamir contre Moneta AM ?

Andrzej Kawalec - Nous reprochons à Altamir d’avoir dévoyé son projet de départ, qui était de démocratiser l’accès au capital-investissement – une bonne idée –, avec des conflits d’intérêts mal arbitrés et un empilement de commissions excessives. Les promesses lors de l’introduction en Bourse – distribution aux actionnaires de 90 % des résultats et TRI de 15 % –n’ont pas été tenues et Altamir s’est transformé, à partir des années 2010, sans la moindre transparence, en fonds nourricier pour d’autres fonds d’Apax Partners, avec superposition de frais à la clé. Moneta a formulé ses critiques à partir de 2012, qui ont permis un certain nombre d’améliorations, comme celle d’éviter des paiements de carried interest en actions décotées et la mise en place en 2013 d’une politique de dividende plus généreuse, une OPA pour les minoritaires en 2018. Enfin, récemment, l’instauration partielle d’un hurdle rate de 8 % pour le paiement du carried interest, qui était auparavant tout simplement 20 % des bénéfices secs au 1er euro, une pratique indécente ! En 2015, à la suite d’une note publiée sur l’augmentation des frais de gestion d’Altamir entre 2007 et 2014, Altamir a tenté de museler Moneta en l’assignant devant le tribunal de commerce. Cette bataille a été gagnée par Moneta. L’expert qui a rédigé un rapport sur le sujet a établi que la note de Moneta pouvait rester publiée sur son site et n’avait pas nui à Altamir.

Moneta a, en 2016, à son tour assigné Altamir Gérance et Maurice Tchénio, le gérant, afin de demander réparation pour des facturations excessives et un certain nombre d’abus pratiqués au sein d’Altamir et a malheureusement été débouté deux fois dans ses actions en justice, en 2020 et tout récemment en appel. (...) L’affaire rappelle malheureusement les nombreux cas en France où l’on cherche à intimider les actionnaires engagés pour éviter le débat. Nous étudions l’opportunité de nous pourvoir en cassation.

 

*Propos recueillis par Frédérique Garrouste

 

 

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