Les long-short pour réduire son exposition aux marchés

Chahuté l’an passé, les fonds long-short actions restent des solutions d’investissement permettant de réduire le risque d’un investissement en actions et/ou de réduire la volatilité d’un portefeuille.

Si les fonds long-short actions n’ont pas toujours tenu toutes leurs promesses, notamment en fin d’année dernière dans un contexte de marché chaotique (cf. tableau page suivante), ce type de solution conserve des caractéristiques leur permettant de prendre place dans les allocations d’actifs, alors que la fin du cycle haussier des marchés semble toucher à sa fin et que les taux obligataires sont toujours au plus bas en Europe. Ces fonds permettent ainsi de s’exposer aux marchés actions, sans en prendre tous les risques. Certains, les market neutral, visent une exposition nulle au beta des marchés, tandis que d’autres peuvent faire fluctuer leur niveau d’exposition (parfois potentiellement de manière négative) selon les conditions ou vues de marché des gérants et/ou les opportunités d’investissement décelées par les gérants.

Voici les stratégies de gestion et positionnements actuels de sept fonds long-short actions (essentiellement sur les marchés européens), certains market neutral, d’autres ayant un niveau d’exposition au marché variable.

A biais positif et sur l’Europe

Bien connu des CGP, le fonds Moneta Long Short est un long short sur les actions européennes (zone euro, Suisse, Royaume-Uni… – avec un biais sur la France) ayant un biais directionnel positif (600 M€ d’encours). Que ce soit sur la poche acheteuse ou la poche vendeuse du portefeuille, il s’appuie sur l’équipe de recherche fondamentale de la société. « Structurellement, le fonds a un biais positif de 40 % net, et n’a donc pas un objectif de performance absolue d’Eonia + quelques pourcents. Cette exposition au beta du marché est la résultante du stock-picking et non pas d’une vue macro », analyse Stéphane Binutti, responsable distribution de Moneta Asset Management.

Avec de fortes convictions

L’équipe de gestion composée de six personnes et emmenée par Patrice Courty peut s’exposer de manière prononcée sur certains titres, comme actuellement sur Safran (4,6 % de la poche longue). A l’inverse, les positions vendeuses sont individuellement plus limitées car « lorsque le pari n’est pas bon le risque s’accentue fortement, rappelle Stéphane Binutti. Mais les shorts sur titres permettent bien entendu d’exprimer l’alpha de notre recherche. De même, ne pas avoir de short sur les indices nous permet de nous prémunir de leur mauvaise construction, et donc de ne pas subir la surreprésentation de certaines valeurs, comme LVMH, Sanofi ou L’Oréal dans le cas du CAC 40. » Les sociétés survalorisées doivent répondre à l’un des quatre thèmes suivants : une croissance jugée surestimée ; des « concepts short » ou sociétés dont les produits sont ou vont devenir obsolètes ; des sociétés de qualité médiocre ; et des sociétés survalorisées par les marchés.

Le portefeuille se veut très diversifié avec 120 lignes : 2/3 à l’achat et 1/3 à la vente, même si les convictions à l’achat peuvent représenter 4 à 4,5 % du fonds. « Au niveau sectoriel, le fonds est bien réparti pour une question de contrôle des risques. Par ailleurs, une partie du portefeuille est composée de pair-trade pour jouer des écarts de valorisation et réduire notre volatilité ».

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Propos recueillis par Benoît Descamps