La performance financière est notre raison d’être

Romain Burnand fait partie des 57 patrons et personnalités qui exposent leurs visions du monde d'après, pour l'hebdomadaire Investir.

La performance financière est toujours notre raison d’être.

Deux éléments m’ont marqué lors de cette crise et me paraissent l’esquisse de nouvelles tendances.

Le premier, c’est le record incroyable de clients professionnels qui ont participé à notre conférence téléphonique de début avril, juste après la chute des marchés. A la fin de cette conférence trimestrielle, deux fois plus longue que d’habitude, tant les questions étaient nombreuses, l’opératrice nous annonce « 344 », le nombre de participants à cet appel. Deux fois plus qu’en moyenne, dans cette France confinée depuis trois semaines mais visiblement avide d’informations sur la vie des entreprises : comment elles s’adaptent, ce qu’elles nous disent et ce qui pourrait se passer.

Le second, c’est la multitude de petites souscriptions sur nos fonds juste après la chute des marchés. Des souscriptions de particuliers, à l’évidence. Inhabituelles après une telle secousse, la masse des investisseurs n’ayant pas pour habitude d’acheter « au son du canon »…


Chez Moneta, nous sommes des « investisseurs en action ». Investisseurs, car nous n’achetons des actions qu’après une analyse poussée des sociétés cotées de notre univers d’investissement, menée parfois pendant plusieurs années avant d’investir. Et « en action », car actifs dans la communication avec les sociétés, l’analyse des documents publiés et l’étude de leur secteur d’activité. Et si besoin en jouant notre rôle d’actionnaire, car, étant une société de gestion détenue par ses dirigeants et salariés et ayant pour seule activité la gestion de fonds, les risques de conflit d’intérêts sont peu nombreux. C’est une grande différence avec nos collègues filiales de groupes financiers. Nous avons toute liberté dans nos discussions avec les sociétés cotées et les autorités de place.
C’est aussi une grande différence avec les fonds « passifs », qui investissent dans des indices sans espérer faire mieux qu’eux mais promettent de ne jamais faire beaucoup moins bien qu’eux. Et qui se trouvent obligés d’investir dans tous les titres qui entrent dans des indices, comme dans Wirecard lors de son entrée dans le Dax, en septembre 2018, au plus-haut historique.
Ces deux modèles ont leur place aujourd’hui et l’auront demain. D’un côté, des gérants experts dans les entreprises dans lesquelles ils investissent qui pourront espérer offrir une performance meilleure que les indices, comme c’est le cas des fonds gérés par notre maison depuis leur lancement, et, de l’autre, une gestion indicielle capable de battre la majorité des fonds actifs sur le long terme grâce à des coûts très compétitifs permis par une gestion industrialisée destinée à coller aux indices.


Pour nous, société de gestion indépendante sans clientèle captive, la performance financière fait partie de notre raison d’être. Dans les marchés agités d’aujourd’hui comme dans ceux d’hier et de demain, il nous faut prendre le risque de sortir des sentiers battus, de ne rendre compte qu’à nos clients, de ne pas rechercher le consensus et donc être prêts à faire des erreurs pour réussir sur la durée. Ce qui exige de notre société une situation financière très solide pour gérer en toute sérénité. Il nous faut être capables de tenir des positions contrariantes, passer d’inévitables périodes de sous-performance pour construire dans la sérénité et en toute indépendance les positions gagnantes de demain. Bien que, sur un laps de temps plus court, nos fonds aient pu être dépassés par des concurrents temporairement plus dynamiques, c’est l’application rigoureuse de notre approche sur longue période qui a offert à la fois aux fonds MME (Moneta Micro Entreprises) et MMC (Moneta Multi Caps) leur position de numéro 1 en termes de performance sur dix ans.
Il nous faudra désormais aussi trouver les moyens de satisfaire à la demande de nos clients sur le sens de leurs investissements, leur conscience qu’investir est une manière de participer au choix de la société dans laquelle ils souhaitent vivre, et leur volonté de comprendre ce que fait leur gérant. Au-delà du choix des labels, garanties externes nécessaires, seule une gestion authentique pourra répondre à leurs attentes sur la durée.

A nous de trouver les bonnes formules !