Le choix des valeurs de MMC, premier sur 10 ans

Le fonds géré par Romain Burnand et son équipe arrive premier sur dix ans avec un gain de 137%. On retrouve parmi les principales positions des titres comme Vivendi, Sanofi, BNP Paribas, Bolloré.

Les gérants de Moneta Asset Management ont fait une présentation remarquée le 8 septembre dernier à l'hôtel Four Seasons George V à Paris, devant une centaine d'investisseurs professionnels.

Le fonds Moneta Multicaps investi en actions françaises est classé premier de sa catégorie sur 79 produits référencés par Quantalys, avec un gain de 137% en dix ans pour une performance arrêtée au 7 septembre 2020. C'est 60 points de pourcentage de mieux que le CAC 40 dividendes réinvestis qui a progressé de 77% sur la période.

 

Une gestion tout terrain

Fort d'un encours de 2,2 milliards d'euros, le fonds est aussi bien classé sur un an (-3,8%, 16e sur 103 selon Quantalys) et cinq ans (+22%, 20e sur 96). Depuis sa création en 2006, le fonds a évolué en territoire positif onze années sur quatorze.

L'équipe dirigée par Romain Burnand revendique une gestion «tout-terrain» sans biais de style. Mais les gérants appliquent une discipline rigoureuse sur les valorisations des sociétés détenues en portefeuille.

La valorisation moyenne des sociétés françaises parait élevée aux yeux des gérants. Elle reste toutefois raisonnable au regard du faible niveau des taux d'intérêt : «les actions sont la meilleure maison dans un mauvais quartier».

La cherté relative des valeurs dites «de croissance» amplifiée ces dernères années devrait un jour se corriger mais seulement si les banques centrales ralentissaient la création de monnaie ou si les anticipations d'inflation poussaient les taux d'intérêt à la hausse. D'où l'équilibre recherché dans le fonds entre des valeurs de «croissance» et des titres «value» (décotés).

Le focus est mis dans le fonds sur des secteurs naissants et des entreprises contestées ou peu suivies. La réactivité au flux de nouvelles est importante. Le fonds compte 99 lignes en portefeuille, les dix premières positions représentant 38% de l'encours et les vingt premières 56%.

 

Un pari sur l'électrification

Le principal «pari» du fonds est dans le secteur des énergies renouvelables et de l'électrification de l'économie (26% de l'encours), avec des actions comme Energias de Portugal et sa filiale EDP Renovaveis, Soitec, Engie, Alstom, Spie, Schneider Electric, Somfy, Voltalia, Solaria.

Une autre «surpondération» concerne la galaxie de Vincent Bolloré, avec des titres Vivendi (pour la pépite Universal Music Group), les holdings décotés Bolloré et financière de l'Odet (les trois titres pèsent 9% de l'encours).

La troisième conviction porte sur le secteur des paiements électroniques (7% du portefeuille), avec des sociétés comme Ingenico, Worldline, Nexi, HiPay, Evo Payments.

 

Des banques dans le portefeuille

Les banques sont aussi bien représentées (4% de l'encours), avec une préférence pour BNP Paribas, tout comme l'immobilier résidentiel allemand. Romain Burnand confie sa tentation d'augmenter des positions sur des valeurs jugées très dépréciées comme Société Générale ou Natixis. Mais le peu d'appétit du marché pour le secteur et la faiblesse durable des taux d'intérêt sont des freins.

D'autres actions figurent en portefeuille comme Sanofi (titre liquide et peu risqué), Peugeot, FFP (décote du holding de la famille Peugeot), Eiffage, Icade, Alten.

Le secteur de l'immobilier commercial est absent du portefeuille, l'aéronautique et le pétrole sont peu représentés. Les biens de consommation courante (Danone, L'Oréal, Pernod Ricard) et le luxe sont «sous-pondérés», jugés trop chers.

Article réalisé par Romain Dion